Les humeurs de Tietie007.

Les humeurs de Tietie007.

PIERRE GORTCHAKOFF (1897-1942), DE LA SIBERIE A MARSEILLE.

(Au dernier rang, Victorine Gortchakoff, Pierre Gortchakoff, Paul Griaznoff, Jean Sinitzki, Alexandre Sinitzki,

Au second rang, Irène Gortchakoff (née Grisendi) avec sa fille Jeanne, Linda Grisendi, Aderito Grisendi, Marie Sinitzki, Victorine Griaznoff)

A l'origine, ce fut un stock et de photos et de documents, certains en français, beaucoup en russe, notamment un journal intime et une longue correspondance, gardée par ma grand-mère, Irène Gortchakoff, née Grisendi, dans la langue de Pouchkine. Après avoir scanné toutes les photos, et les avoir mis en ligne, une,


 (Basile Koutchenkoff et son ami Pierre Gortchakoff)

va attirer l'attention d'un internaute. A l'origine, je ne savais pas qui était photographié à côté de mon grand-père, Pierre Gortchakoff. La lumière va venir d'internet, où un internaute, Antoine Camper, reconnut son arrière-grand-père, Basile Koutchenkoff et me le fit savoir, rencontre providentielle qui va me mettre le pied à l'étrier. Etudiant, Antoine s'était mis à faire des recherches sur un aïeul russe, avait appris la langue de Poutine, et était même parti dans la lointaine Volga, pour retrouver des traces de Basile. L'émotion fut forte lorsqu'il tomba sur cette photo, et il s'empressa de commencer à traduire les lettres russes gardées dans de vieilles boîtes en carton jaunies. Le brouillard entourant les origines de Pierre commençait à s'éclaircir et je pus écrire un premier jet sur la jeunesse de mon grand-père :

//tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-d-irkoutsk-a-l-estaque-48394459.html

et sur l'activité laborieuse de mon aïeul, de l'usine de la Barasse à l'Electricité de Marseille :

//tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-un-journalier-a-marseille-61834260.html

 

Une deuxième rencontre fut encore plus providentielle ! Le 6 décembre 2008, j'avais relaté mon périple marseillais de l'hiver 2008 dans un petit article sur Allo Ciné :

//www.allocine.fr/communaute/forum/message_gen_nofil=556184&cfilm=&refpersonne=&carticle=&refserie=&refmedia=.html

et deux photos vont attirer l'attention d'une autre internaute :

- celle de la maison de ma grand-mère au Vallon du Marinier, à l'Estaque :

 



 

- et d'un escalier, en bas:


 

Sur la messagerie d'Allo Ciné, le 19 janvier 2009, je reçus ce message :

"bonsoir, je regarde vos photos sur le Net, le Marinier. j'y vois la maison de mon grand père et de ma grand mère, aujourd'hui appartenant aux enfants Rabezane, je suppose, toujours. Elle fût vendue à celui-ci, très grand ami de mon grand père Julian Veintimilla. Ma mère, Thérésa Veintimilla était amie de votre mère, ou tante ? Que de souvenirs dans les amandiers, le chant des cigales, le bruissement du mistral dans les Pins. L'épicerie, le bar, la boulangerie (1945 à 1965. Cordialement."

Après une petite enquête auprès de ma grande tante Victorine (née en 1924), il s'avéra que les Veintimilla furent les voisins de mes grands-parents, dans les années 30, habitant la haute maison avec l'oeil de boeuf à droite de la maison familiale, au Marinier et que Victorine fut très amie avec la fille du couple d'espagnol, Teresa.


(Victorine Gortchakoff et Theresa Veintimilla, au vallon du Marinier, dans les années 30)

De fil en aiguille, cette internaute me raconta l'histoire extraordinaire de son  grand-oncle, José Veintimilla,


frère de Theresa, sa grand-mère, jeune communiste marseillais qui partit, de Marseille, sur le Ciudad de Barcelona, en juillet 1936, pour rejoindre, à Alicante, les nouvelles brigades internationales qui combattirent les troupes franquistes. Sa trace se perdit par la suite en URSS et il ne réapparut qu'en 1956, à l'Estaque, après plusieurs années de Goulag. Ce périple extraordinaire me fit écrire un article sur mon blog, le 04 décembre 2010 :

"José Veintimilla, un marseillais de Madrid à Moscou" :

//tietie007.over-blog.com/article-e-62310298.html

Vous allez me dire que vous ne voyez pas le rapport entre la vie de José et celle de mon aïeul sibérien, à part leur voisinage,  et vous aurez en partie raison ...mais ...le 24 décembre 2010, je reçus un commentaire sous cet article :

"Je suis fils de Jose Veintimilla Sebastian
Veintimilla Alonso Enrique
Monsieur, je suis fils de Jose Veintimilla Sebastian et de Juliette Enguidanos. Je vien de lire avec gran interet votre article du 04.12.2010 puisque je sais tres peut sur mon pere legitime. Je suis secretaire du Centre Espagnol a Moscou, télefone 7+495-621-73-94, du lendi a vendredi de 11h00 a 17h00. Enrique".

Mon article avait, à Moscou, était lu par le fils de José, Enrique Alonso, qui n'avait jamais connu son père ! Cette rencontre fut extraordinaire pour moi ! Outre que j'allais mettre en contact la famille française de José, aujourd'hui dans la région de Bordeaux, avec le fils moscovite de ce dernier, Enrique Alonso (né en 1938), secrétaire du Centre Espagnol de Moscou, ici avec José-Maria Aznar, premier ministre espagnol, lors de sa visite officielle en Russie, en 2001,


(Enrique Alonso Veintimilla et José-Maria Aznar en 2001)

ce dernier allait me traduire, du russe à l'espagnol, toute la correspondance russe de mon grand-père, pour me remercier d'avoir exhumer son passé inconnu !! Des dizaines de documents furent traduits, et le passé de mon aïeul commença à prendre forme. Beaucoup de lettres étaient envoyées par une certaine Choura, surnom d'Alexandra, qui était originaire de la même cité que mon grand-père, Sretensk, en Sibérie Orientale, et les deux jeunes étaient destinés à se marier. Mais la mobilisation de mon grand-père, en 1916 et son départ pour le Front de Salonique, les avait séparés à jamais ! Alexandra


 

va se marier avec un prisonnier autrichien détenu en Sibérie, en 1918, un certain Mr Neunteufel, rompant le pacte qui liait les deux tourtereaux, et partit vivre à Vienne, ne se déparant pas de sa profonde nostalgie pour son pays natal et n'oubliant pas son premier fiancé, mon grand-père, Pierre Gortchakoff, qui finit par se marier avec Irène Grisendi, en 1923, ma grand-mère.


 (Pierre Gortchakoff, Irène Gortchakoff Grisendi et Victorine Gortchakoff)

Ainsi mon grand-père reçut longtemps des lettres de Choura, en russe, à son domicile marseillais, cachant à Irène que ces missives étaient envoyées par son ancienne fiancée, qui ne l'oubliait pas.

Mon grand-père et ses deux amis russes, Jean Sinitzki et Paul Griaznoff (voir la photo au début de l'article) s'étaient mariés avec les 3 soeurs Grisendi, qui venaient d'Emilie Romagne, firent souche en France, Pierre ayant 6 enfants et ne retournèrent jamais en Russie. Mais ils n'oublièrent jamais leur culture et jouaient souvent de la Balalaïka, instrument à cordes très populaire dans l'ex-empire des tsars,


et que j'ai évoqué dans cet article :

//tietie007.over-blog.com/article-la-balalika-de-siberie-65938805.html

Enfin, le Mercredi 23 juillet 2014, un article paraissait dans La Marseillaise, sur l'usine du Cap Pinède et la mémoire de mon grand-père y était évoqué, par moi, Giraud Thierry, puisqu'il avait travaillé dans cette usine jusqu'à sa mort, en 1942 (Installer Google Drive pour le lire le document ci-dessous) :

https://docs.google.com/file/d/0B4vyzypxT-aESC0yQVpjUGFLSzQ/edit



29/07/2014
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