Les humeurs de Tietie007.

Les humeurs de Tietie007.

IN MEMORIAM : VICTORINE GORTCHAKOFF (1924-2015).

 

C'est hier matin, 3 janvier 2015, que Victorine s'est éteinte, à la clinique de La Chenaie, à Bouc-Bel-Air, à l'aube de ses 91 ans, entourée des siens. 

Née le 7 mars 1924, à Marseille, à la Traverse du Télégraphe, Butte du Cap Pinède,

 


fruit des amours de Pierre Gortchakoff, sibérien qui échoua dans la cité phocéenne en 1919, et d'Irène Grisendi, italienne d'Emilie-Romagne, arrivée au début du siècle, avec ses parents, à Marseille.

 


( Pierre Gortchakoff et sa femme, Irène Grisendi, avec leur petite Victorine)

 

Elle fut la première d'une fratrie de 5 frères et soeurs, Paul, Hélène, Odette, Jeanne et Pierre, le petit dernier, né en 1942.

 


( Victorine, sa mère Irène, son père Pierre, ses soeurs Hélène et Odette, son frère Paul)

 

En 1927, le couple Gortchakoff déménagea à l'Estaque, au Vallon du Marinier, dans une petite bicoque au flanc des collines de la Nerthe. C'est ici qu'elle passa son enfance, proche des grands-parents Grisendi,  

 


 

gambadant dans le maquis avec les cousins Sinitzki et Griaznoff,

 


 (Victorine à droite, avec Paul, Hélène et les cousins dans les collines de la Nerthe)

 

compagnons d'infortune de Pierre, emportés par le premier conflit mondial loin de leur chère Russie. Les 3 russes de l'Estaque, Pierre Gortchakoff, Jean Sinitzki et Paul Griaznoff, s'étaient mariés avec les 3 soeurs Grisendi. Les familles étaient modestes, mais la solidarité et l'entraide régnaient, et tous les dimanches on se réunissait chez les grands-parents, pour faire bombance, 

 


 (Victorine dans les brase de sa mère Irène, à droite, à côté de son père Pierre)

et pour accompagner l'accordéon du Papé avec les balalaïkas.


 (Victorine dans les bras de sa mère, entourés de ses tantes Marie et Victorine, de son père Pierre et de son oncle Jean, avec les grands-parents Grisendi)

 

Enfance et adolescence heureuse à Marseille,   ici avec ses amies Teresa Veintimilla


 

et  Germaine Serro.


 

Famille russo-italienne, unie, 

 


(Victorine et Pierre Gortchakoff, Paul Griaznoff, Jean et Alexandre Sinitzki

 Irène Gortchakoff tenant, dans ses bras, la petite Jeanne, Linda et Aderito Grisendi, Marie Sinitzki, Victorine Griaznoff,

Paul Gortchakoff, Olga  Griaznoff, Hélène et Odette Gortchakoff, Germaine Griaznoff, Henriette et Félix Sinitzki)

 

avant l'immense douleur de perdre son père adoré, Pierre, le 7 janvier 1942, alors que la guerre faisait rage dans sa Russie natale.


 (Pierre Gortchakoff 1897 Sretensk-1942 Marseille)

Ce père sibérien, dont elle chérit le souvenir toute sa vie, avec son parfum de mystère, cet enfant de Sretensk, entre le lac Baïkal et la frontière chinoise, dont le destin russe fut brisé par la première guerre mondiale et qui se retrouva à Marseille, en 1919, après sa démobilisation de la Légion Etrangère. Le soldat ne retourna jamais dans son pays natal se mariant avec Irène, la belle italienne. Frappé d'une crise cardiaque, il laissait une femme et 6 enfants. Victorine, l'aînée, presque 18 ans lors de la mort de son père, se trouvait alors avec de nouvelles responsabilités,

 


 (Paul, Odette, Hélène et la petite Jeanne, dans les bras de Victorine Gortchakoff)

puisque ses soeurs Odette et Jeanne avaient 6 et 3 ans et que le petit Pierre était encore dans le ventre de sa mère.


(Jeanne, Pierre et Odette Gortchakoff)

Victorine entra alors à l'électricité de Marseille, qui devint EDF à la libération, où elle fit carrière toute sa vie, jusqu'à sa retraite, en 1984 et aida matériellement ses frères et soeurs, puis ses nombreux neveux et nièces.

Peu après la guerre, elle se maria avec Robert Natali, un ingénieur en électricité, et avec leur 2CV, emmenaient ses 2 soeurs et son frère à découvrir la France, pendant les vacances.


 

Femme moderne pour l'époque, elle pratiquait la marche en montagne,

 


 

l'équitation, 


 

la moto,


 

au ski, 

 


souvent accompagnée de sa chienne Bonnie.

 


 

 

Très attachée à sa fratrie, elle ne manquait jamais un repas de famille, comme ici, à Lascours, chez Hélène, sa soeur, et son beau-frère, Georges Falette,


 

et pendant longtemps, elle organisa le réveillon de Noël, chez elle, dans son appartement de Marseille, entre la Blancarde et les 5 avenues.


 

Divorcée de son mari au milieu des années 60, à une époque où cela ne se faisait pas, signe de sa liberté d'esprit, elle n'eut jamais d'enfants, mais gâta ses nombreux neveux et nièces et fut toujours fidèle à sa mère, Irène.


Très active jusqu'à un âge avancé, elle passa les 15 dernières années de sa vie, entourée par sa famille, à Calas, dans la joie et la bonne humeur !


 (Victorine, à Lascours, avec ses 3 soeurs, son frère Pierre et Marie-José).

Elle aura vécu une belle vie, toujours entourée par les siens, et fut la dépositaire de la mémoire familiale, avec l'image de ce père, trop tôt disparu, dont elle chercha les origines toute sa vie et qu'elle rejoindra dans l'au-delà, dans un petit coin de Sibérie, dans la vaste taïga près du lac Baïkal.

 




04/01/2015
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